L’Aqiqah, ce que la sunna prévoit à la naissance de votre enfant

aqiqah à la naissance d'un enfant en Islam

« Tout nouveau-né reste engagé par son aqiqah ; elle est sacrifiée pour lui le septième jour, on rase alors sa tête et on lui donne son nom. » Samura ibn Jundab rapporte cette parole du prophète (paix et bénédictions sur lui) (rapportée par Abu Dawud, At-Tirmidhi, An-Nasa’i et Ibn Majah). il nous ai donc suggéré de faire le Sacrifice, rasage et de choisir un prénom pour notre enfant. Chacun de ces gestes répond à des règles précises.

L’aqiqah est une sunna confirmée (sunna mu’akkada), non une obligation stricte. Une famille qui n’a pas les moyens de l’accomplir tout de suite ne commet aucune faute en attendant des jours meilleurs, et un enfant devenu adulte peut, selon certains savants, l’accomplir lui-même si ses parents ne l’ont pas fait en son temps.

Pourquoi le septième jour ?

Le hadith de Samura fixe le septième jour comme repère. Aïcha (qu’Allah l’agrée) a précisé que si ce jour n’est pas possible, l’aqiqah reste valable le quatorzième ou le vingt-et-unième jour (rapporté par Al-Bayhaqi). Les savants ont retenu cette souplesse pour les familles empêchées par la santé du nouveau-né, un accouchement compliqué ou des contraintes matérielles. Rien n’oblige à sacrifier dans la précipitation.

Pour compter ce septième jour, l’usage le plus suivi inclut le jour de la naissance comme premier jour. Un enfant né un samedi voit son aqiqah tomber le vendredi suivant.

Comment choisir le prénom de son enfant ?

Le prophète (paix et bénédictions sur lui) a montré qu’on pouvait nommer l’enfant dès sa naissance ou attendre le septième jour. Anas ibn Malik rapporte que la nuit de la naissance de son fils Ibrahim, le prophète a dit à ses compagnons : « Un fils m’est né cette nuit, je l’ai appelé du nom de mon père Ibrahim » (rapporté par Muslim). Le choix du jour compte donc moins que le choix du nom lui-même.

Sur ce choix, un hadith donne un repère clair : « Les noms les plus aimés d’Allah sont Abdullah et Abd ar-Rahman » (rapporté par Muslim, d’après Ibn Umar). Un prénom qui porte un beau sens, ou qui honore un prophète ou une figure pieuse, reste le plus recommandé. Le prophète a d’ailleurs changé des noms qu’il jugeait porteurs d’un sens négatif. Une esclave d’Umar ibn Al-Khattab s’appelait ‘Asiya, la désobéissante ; il l’a renommée Jamila, la belle (rapporté par Muslim, d’après Ibn Umar). Un prénom mal choisi peut donc, à tout âge, être changé sans difficulté religieuse.

Le rasage des cheveux, et l’aumône qui l’accompagne

D’après Ali ibn Abi Talib, le prophète a sacrifié pour Al-Hasan et a dit à Fatima : « Rase sa tête, et donne en aumône l’équivalent en argent du poids de ses cheveux. » Elle a pesé les cheveux, et leur poids valait un dirham, ou un peu moins (rapporté par At-Tirmidhi, jugé hasan par Al-Albani). Elle a fait de même pour Al-Hussein, puis pour ses deux filles Umm Kulthum et Zaynab, selon un rapport du Muwatta de Malik.

Le même geste vaut aujourd’hui pour un garçon comme pour une fille. On rase la tête du nouveau-né, on pèse les cheveux, puis on donne en aumône une somme équivalente à ce poids converti en argent. Beaucoup de familles arrondissent ce montant, et rien n’impose de s’arrêter au poids exact. il est aussi recommandé de faire des douas pour le bébé.

Pourquoi deux bêtes pour un garçon et une seule pour une fille ?

Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que le prophète demandait de sacrifier deux moutons de même âge pour un garçon et un seul pour une fille (rapporté par At-Tirmidhi et Ibn Majah). Cette répartition reste la plus suivie par les savants. Elle ne traduit aucune différence de valeur entre un fils et une fille, et les textes n’ont jamais présenté le nombre de bêtes comme une mesure d’affection ou d’importance.

Un seul mouton reste par ailleurs valable pour un garçon. Ce même hadith, rapporté par Ali ibn Abi Talib, précise que le prophète a sacrifié un seul bélier pour Al-Hasan. Une famille aux moyens limités peut donc s’en tenir à une seule bête sans manquer à la sunna. Le nombre de deux reste un optimum recommandé, pas une condition de validité.

Que faire de la viande de l’aqiqah ?

Rien n’oblige à répartir la viande en trois portions égales, contrairement à une idée répandue. Les fatwas d’Islamweb et d’IslamQA s’accordent sur un principe plus souple. Le père peut manger de la viande, en offrir à sa famille et à ses voisins, et en donner en aumône aux personnes dans le besoin, dans les proportions qu’il choisit lui-même. Il peut même garder l’ensemble pour son foyer s’il le souhaite.

Certains parents préfèrent aujourd’hui que la part destinée à l’aumône profite à des familles qui manquent de tout, parfois loin de leur pays de résidence. Des services comme Aqiqah.io prennent en charge le sacrifice sur place, à Madagascar, et distribuent l’intégralité de la viande à des familles démunies, avec une vidéo du sacrifice au nom de l’enfant. Cette option convient à ceux qui veulent que la charité de l’aqiqah touche des familles dans le besoin, sans avoir à organiser eux-mêmes l’abattage et la distribution.

Pour conclure

Le septième jour d’un enfant réunit un sacrifice qui remercie Allah pour cette naissance, un rasage suivi d’une aumône, et un prénom choisi avec soin. Aucun de ces gestes n’exige de grands moyens. Ils demandent surtout de ne pas les oublier dans les premiers jours, souvent bousculés, qui suivent une naissance. Qu’Allah facilite à chaque famille l’accueil de son enfant, et qu’Il bénisse cet enfant dans sa vie et sa religion.

Questions Fréquentes sur l’Aqiqah

Peut-on faire l’aqiqah pour un enfant qui n’en a pas eu à la naissance ?

Oui. Si les parents n’ont pas pu l’organiser à temps, faute de moyens ou par oubli, rien n’empêche de la faire plus tard, même des années après. Certains savants ajoutent qu’un adulte dont les parents n’ont jamais fait son aqiqah peut l’accomplir lui-même pour son propre compte, sans que cela soit une obligation.

L’aqiqah et le sacrifice de l’Aïd al-Adha peuvent-ils se cumuler la même année ?

La majorité des savants (malikites, chaféites, hanbalites, et la position dominante chez les hanafites) répond non. Les deux sacrifices portent une intention différente, l’un pour l’enfant et l’autre pour soi-même, et l’un ne remplace pas l’autre. Une minorité, dont Al-Hassan Al-Basri et Ibn Sirin, admet qu’une seule bête sacrifiée avec les deux intentions à la fois puisse suffire. Par prudence, mieux vaut prévoir deux sacrifices distincts si un enfant naît près de l’Aïd al-Adha.

Qui doit payer l’aqiqah ?

La charge revient normalement au père, ou à la personne qui a la responsabilité financière de l’enfant. Rien n’empêche des grands-parents ou des proches d’offrir la bête en cadeau à la famille, une pratique courante et bien accueillie.

Faut-il raser toute la tête, ou une mèche suffit-elle ?

La sunna demande de raser la tête entière, pas seulement une partie. Le prophète a interdit le qaza’, qui consiste à raser une zone du crâne en laissant le reste des cheveux : « Rasez-le entièrement, ou laissez-le entièrement » (rapporté par Al-Boukhari et Muslim, d’après Ibn Umar). Cette règle vaut pour un garçon comme pour une fille.

Le fait de sacrifier une seule bête pour une fille signifie-t-il qu’elle compte moins ?

Non, et aucun texte ne présente les choses ainsi. Le nombre de bêtes suit une règle fixée par un hadith précis, pas une évaluation de l’affection portée à l’enfant. Le prophète a lui-même sacrifié une seule bête pour son petit-fils Al-Hasan, un garçon, ce qui montre que ce nombre reste un optimum recommandé et non une mesure de valeur.

Comment faire pour des jumeaux ?

Chaque enfant a sa propre aqiqah, indépendamment de l’autre. Des jumeaux garçons demandent donc quatre bêtes au total, deux par enfant, et des jumeaux de sexe différent trois bêtes, deux pour le garçon et une pour la fille.

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